Les professeurs s’inquiètent de l’annulation soudaine de l’université de langue française

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Le récent énoncé économique du gouvernement de l’Ontario en automne dernier a révélé que les progressistes-conservateurs ne financeraient plus ni n’iraient de l’avant avec l’université de langue française devant être construite à Toronto. Dans le cadre d’une tendance devenue inquiétante pour ce gouvernement, l’annonce a été faite sans discussion avec les intervenants du secteur, notamment les professeurs et les étudiants et, ce qui est encore plus inquiétant, sans consulter la communauté francophone de l’Ontario.

Le Conseil de planification pour une université de langue française et le gouvernement provincial précédent avaient passé plusieurs années à consulter les Ontariens et à élaborer une vision pour la nouvelle université censée être un établissement autonome créé par et pour les francophones. L’« Université de l’Ontario français » devait avoir pour but de servir le centre et le sud-ouest de l’Ontario, là où la population de francophones de la province connaît la plus forte croissance.

L’annulation du projet de l’université de langue française est surprenante, en partie parce que Doug Ford lui-même avait promis pendant sa campagne électorale que le projet irait de l’avant. Après l’annulation du financement de trois campus d’expansion et une directive menaçant de réduire le financement des universités qui ne disciplinent pas les voix dissidentes sur les campus, le gouvernement progressiste-conservateur de Ford remet en question son soutien aux universités publiques dynamiques de l’Ontario, à la liberté d’expression et à la population francophone de la province, qui compte plus de 600 000 personnes.

Il est très inquiétant que ce gouvernement annule l’université de langue française qui avait été promise, sans consulter au préalable les étudiants, les parents et les professeurs francophones. Cette décision témoigne d’un manque de respect envers la population francophone minoritaire de l’Ontario, et la frustration des francophones est justifiée.

En réponse à l’annonce de Doug Ford, les délégués réunis à la 85e assemblée du Conseil de l’Association canadienne des professeures et professeurs d’université (ACPPU) ont adopté à l’unanimité une résolution condamnant la décision du gouvernement conservateur ontarien d’annuler le projet de l’Université de l’Ontario français sans avoir consulté la communauté franco-ontarienne. Une lettre par l’ACPPU a été envoyée au premier ministre ontarien Ford qui souligne ces inquiétudes. 

Les professeurs de l’Ontario s’inquiètent du fait que le gouvernement continue de prendre des décisions de cette ampleur à huis clos et en secret. L’annulation de l’université de langue française fournit une autre preuve que le gouvernement de Doug Ford n’est pas disposé à écouter les Ontariens, mais qu’il s’est plutôt engagé à poursuivre un programme idéologique malavisé et irresponsable.

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